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COURRIER DE L'OUEST - RPSFM, par-delà les ondes... - 5 septembre 2019

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La radio associative RPS FM, à Parçay-les-Pins, émet depuis 1982. Son fondateur Philippe Girard porte à bout de bras cette radio locale qui a donné un rythme démentiel à sa vie. Rencontre.

Il passe le plus gros de son temps dans le studio installé derrière la mairie de Parçay-les-Pins, dans l’ancienne salle de classe où il était écolier. C’est sa deuxième maison, qu’il bichonne. Au point que pour pénétrer les lieux, on est invité à glisser sur le parquet ciré avec des patins…

Ce studio, Philippe Girard en a fait son antre depuis près de 20 ans. C’est le quatrième local qui abrite le cœur du réacteur de cette radio associative, le bébé qu’il a mis au monde en 1982 et élevé depuis. « J’ai commencé avec un ami dans la chambre de la maison où je suis né », explique celui qui, avant cela, s’amusait à émettre depuis Tours en pirate, au temps où la radio n’était pas encore libre. Sa formation de menuisier ébéniste ne le prédestinait pourtant pas à ça, « mais c’était un rêve de gosse ». Devenu réalité, coûte que coûte.

Une voix reconnaissable entre mille

En un peu moins de 40 ans, Philippe Girard a tout donné pour faire vivre RPS FM. « C’est vrai que je n’ai pas eu de vie privée », concède-t-il. Mais sa satisfaction est ailleurs. Sept jours sur sept et 24 heures sur 24, RPS FM fait voyager sa voix, reconnaissable entre mille, dans les foyers de ses fidèles auditeurs. Ses trois émetteurs, pour trois fréquences complémentaires, lui permettent d’arroser cinq départements. Dans ce studio de Parçay-les-Pins, devant quatre écrans et des tables de mixage, il a la main sur le direct et sur la programmation à venir. Trois journaux d’informations par jour, une émission quotidienne dédiée à l’accordéon, les annonces associatives et le rendez-vous des enfants à 17 heures.

« J’estime que j’ai une mission de service public auprès de la population. J’ai toujours voulu faire de la radio autrement. Je ne vais pas faire du France Inter, ça existe déjà. Il faut intéresser les gens différemment, se démarquer de ce que font les autres, même si on se bat contre des moulins à vent ». Et de préciser qu’il ne fait « pas de la radio pour faire de l’argent, mais de l’argent pour faire de la radio ». Nuance.

Évidemment, sa pratique a bien évolué depuis les années 1980. Philippe Girard a tout appris « sur le tas »RPS FM est même passée à l’ère d’internet depuis l’année dernière« Ça reste anodin par rapport à la FM. Mais pouvoir dire qu’on peut être écouté depuis les États-Unis, ça fait bien », sourit Philippe Girard, qui a conservé les différents matériels, tous en état de marche, qui ont fait son métier. « Avant je faisais beaucoup d’émissions en direct, je préférais. Aujourd’hui, c’est moins facile ». En effet, tout repose sur lui – « malheureusement » – et les journées sont interminables entre l’antenne et la paperasserie administrative. Un sacerdoce radiophonique !

Un retour son jour et nuit

Bien que chronophage, la mécanique est bien huilée et l’organisation de l’homme de radio optimisée. « Jour et nuit j’ai un retour son, partout où je suis. Ainsi je peux intervenir en cas de problème ». Même depuis son pied-à-terre breton où Philippe Girard s’autorise quelques rares excursions. « Je n’ai jamais pris de vraies vacances », avoue l’animateur radio, qui a compté jusqu’à dix collaborateurs avant l’an 2000.

Aujourd’hui, il est seul ou presque à faire tourner la boutique et concède une forme de lassitude. Mais Philippe Girard ira au bout de cette aventure, jusqu’à sa retraite, dans deux ans. Pour la suite, c’est l’expectative. « J’aimerais bien que ça continue, pour les auditeurs. Dans nos campagnes, il y a des gens qui n’ont plus que ça… ».

COURRIER DE L'OUEST - Quel avenir pour la radio associative ? - 5 septembre 2019

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Philippe Girard, responsable de RPS FM depuis sa création en 1982, doit prendre sa retraite dans deux ans. Pour l’heure, il est dans l’expectative concernant l’avenir de sa petite entreprise.

Il est une mémoire vivante des radios libres. Philippe Girard n’a jamais lâché le morceau depuis qu’il a créé sa radio associative en 1982. À deux ans de la retraite, il se prépare à une nouvelle vie, à faire tout ce que je n’ai pas pu faire pendant toutes ces années. Voyager, découvrir des choses. Il faut dire qu’il a beaucoup à rattraper tant il s’est donné, corps et âme, pour tenir l’antenne et pour sonoriser et animer, avec Michel Boutreux, les manifestations locales.

Un véritable sacrifice

Je pense que RPS FM est la seule radio en France basée dans une commune aussi petite. Et faire vivre une radio tout seul, ça équivaut à faire 36 choses à la fois, sourit le passionné qui aimerait que l’aventure se prolonge. Philippe Girard est d’ailleurs en lien étroit avec un jeune homme de 21 ans qui pourrait prendre la relève. Je suis prêt à tout laisser si je suis sûr que ça continue. C’est un véritable sacrifice alors que ce serait plus avantageux pour moi de tout vendre.

Radio historique du Maine-et-Loire

Encore faut-il trouver les moyens financiers de salarier son successeur pour le former pendant deux ans, avant son départ. Philippe Girard s’est rapproché pour cela des élus locaux du Nord Saumurois. Ils se montrent très attachés à cette radio de proximité mais ça n’avance pas vite. Je n’ai pas de garantie de pouvoir être aidé dans cette démarche. On est toujours en pourparlers, ce n’est ni oui ni non, j’attends…

Si la radio devait fermer, les trois fréquences dont RPS FM dispose seraient réattribuées, probablement à des radios nationales de réseau type NRJ. Et c’en serait terminé à jamais de la dernière radio historique du Maine-et-Loire. Mais Philippe Girard veut croire que RPS FM a encore de beaux jours devant elle. Les gens ont besoin de nous. D’ailleurs, on ne fait pas l’émission pour soi, mais pour ceux qui écoutent.

COURRIER DE L'OUEST - Les élus apportent leur soutien à la radio locale RPSFM - 14 novembre 2019

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Conscient de l’intérêt de préserver la radio locale, le Conseil municipal de Noyant-Villages accompagnera l’avenir de RPS FM à Parçay-les-Pins.

Le Conseil municipal de Noyant-Villages, réuni mardi 12 novembre sous la présidence d’Adrien Denis, le maire, a évoqué l’avenir de la radio locale, RPS FM, qui émet depuis 1982 de son studio situé à Parçay-les-Pins.

L’Assemblée a accueilli Philippe Girard, fondateur de l’association Radio Parçay stéréo (RPS FM), créée en 1982 à l’époque des radios libres. Son auditoire quotidien est estimé à 50 000 auditeurs.

« Je souhaite que la radio continue »

Philippe Girard est revenu devant les élus sur son son parcours : « J’ai créé cette radio avec mes propres deniers. Je souhaite arrêter, dans les trois prochaines années, mais je souhaite que la radio continue ». Il a aussi présenté Guillaume Rabouan, de Noyant, qui a travaillé dans l’audiovisuel et a créé sa radio web (http://www.anim-station.com). « Il s’est manifesté pour reprendre la suite de cette activité. Néanmoins, l’apprentissage technique de ce métier spécifique pourrait prendre environ deux ans et ce recrutement pour réaliser ce nécessaire doublon ne peut être assuré financièrement par l’association sans un soutien exceptionnel : ce serait juste pour aider à passer un cap, durant la formation de Guillaume et lui assurer un salaire correct », explique Philippe Girard.

« Un outil permanent et efficace de communication »

Le maire, Adrien Denis, a insisté sur l’importance de pérenniser cette radio locale, en lui octroyant un soutien exceptionnel sur trois exercices budgétaires (2019, 2020 et 2021), à hauteur de 10 000 € par an. « En effet, une radio locale peut être un outil permanent et efficace de communication, de valorisation et de solidarité à l’échelle de notre territoire », précise le maire. Michelle Rohmer, maire déléguée de Linières-Bouton, responsable de la commission communication à Noyant-Villages, a demandé des explications supplémentaires « sur le mode de valorisation du Noyantais et ses fréquences » afin de savoir « comment elles seraient programmées ? ».

10 000 € par an pendant trois ans

Après avoir obtenu des précisions, le Conseil municipal a voté à l’unanimité pour le principe d’un soutien exceptionnel à l’association RPS FM, afin de faciliter la reprise de cette activité sur plusieurs exercices budgétaires et provisionne, d’ores et déjà, 10 000 € pour 2019. Il en sera de même pour les deux exercices suivants. En échange, l’association s’engage à couvrir les événements de Noyant-Villages.

LE MONDE - Dans le Maine-et-Loire, une radio locale fait de la résistance - 26/27 janvier 2020

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A Parçay-les-Pins, Philippe Girard est aux commandes de RPS FM depuis presque quarante ans. 50 000 auditeurs et une passion intacte.

Vous diriez un contrôleur aérien. Ou bien un pilote des Messageries maritimes, guidant un phosphatier à travers la rade foraine de Sfax (Tunisie). Il fait nuit et, dans cette nuit, le regard de Philippe Girard ne quitte pas les quatre écrans installés face à lui, en éventail. La main gauche sur les curseurs d’une console, la droite manipulant une souris d’ordinateur.

A intervalles réguliers, quelques mots, prononcés au plus près d’un microphone à bonnette noire, résonnent dans cette vaste pièce. Il n’y fait pas si chaud que ça. On pourrait croire Philippe Girard parfaitement seul et on se tromperait. En ce moment, il parle à 50 000 personnes environ. Ses auditeurs.

Ici Parçay-les-Pins, Maine-et-Loire. Huit cent trente-cinq habitants, raccordés au réseau électrique depuis 1925. Un musée, consacré à l’œuvre du sculpteur Jules Desbois (1851-1935), disciple sous-estimé d’Auguste Rodin. Un bar-tabac tenu par un couple d’Anglais, visiblement supporteurs du Liverpool Football Club. Une boulangerie-pâtisserie-alimentation-produits locaux-produits bio-dépôt de gaz-livraison à domicile. Le salon de coiffure Nathaly Style. Puis, planquée derrière l’hôtel de ville, l’ancienne école communale, où vous trouverez RPS FM, immarcescible radio locale associative, et, donc, Philippe Girard, son fondateur et principal animateur, 60 ans aux prunes.

Une fenêtre sur un monde qu’on a perdu de vue

En général, on le reconnaît à sa voix. Elle est nasale. Métallique par instants. Pas dénuée de vibrato. Vouée au respect des syllabes. Au service d’une sémantique débarrassée des fioritures et d’une syntaxe où les qualificatifs ne sont pas légion.

Tout ça va à l’essentiel. C’est du concentré. On pourrait croire que l’émotion est absente, et l’empathie en RTT, mais on aurait tort. A bien écouter, on finit par comprendre que Philippe Girard n’est pas là pour briller. Sa radio n’est pas un miroir, c’est une fenêtre ouverte sur un monde qu’on a perdu de vue, où les atours n’ont aucune importance, où les mots simples suffisent à se faire comprendre. Où on arrive à l’heure. Sinon, Philippe Girard est dégarni, porte des lunettes et habite à 200 mètres de là.

Radio Parçay Stéréo est née le dimanche 8 août 1982. Ça ne rajeunit personne, certes, mais ça permet de rafraîchir les mémoires. Alors, voilà. Avant cette date, la droite, aux manettes de l’Etat depuis belle lurette, organise la chasse aux radios pirates – brouillages, perquisitions, saisies, procès, etc.

Après cette date, la gauche, portée au pouvoir deux printemps plus tôt, organise le réseau des radios libres – autorisations d’émission, répartition des fréquences, délimitation des zones de couverture, justification des recettes, etc. Super. Mais bon, Philippe Girard est formel : il ne doit rien à Valéry Giscard d’Estaing, pas grand-chose à François Mitterrand et tout à Bernard Thévenet.

« Dans le village, on me prenait pour un extraterrestre. Moi, j’y croyais. J’ai tout financé avec mon salaire et mes économies. » Philippe Girard

« Quand j’étais petit, dans les années 1970, j’écoutais le Tour de France sur Europe 1, explique-t-il. Thévenet était un des rares à oser attaquer Merckx. Fernand Choisel était au micro. Je notais le moindre détail. Une fois l’étape finie, je la commentais à nouveau, devant mes frères et sœurs. Je rêvais de passer de l’autre côté du poste. 

Dès lors, comment expliquer cette formation de menuisier-ébéniste, qui va le conduire d’atelier en atelier ? Par la loi de la nécessité dont la force n’est plus à démontrer. Oui mais Philippe Girard est têtu, et les week-ends sont aussi pesants qu’un plateau en chêne massif abouté. Autant les consacrer à l’installation d’une radio dans la ferme familiale, quelque part au large de Parçay-les-Pins. Il s’y colle. Sans autorisation. Sans argent ou presque pas. Dix mille francs (1 500 euros). Sans programme. « J’ai ouvert le micro et j’ai dit bonjour. » Sans auditeurs, sans doute.

« Dans le village, on me prenait pour un extraterrestre », se souvient-il, avec un de ces sourires en coin qui disent le chemin parcouru, les faux amis, les vraies emmerdes. « Moi, j’y croyais. J’ai tout financé avec mon salaire et mes économies. Peu à peu, RPS est devenue une véritable radio. En 1985, j’ai quitté mon boulot pour ne faire que ça. Pendant trois ans, je ne me suis pas payé mais je savais où j’allais. »

Au début, le chemin était vicinal : pas d’émission en semaine, directs improvisés, réception dans un rayon de 15 kilomètres, studio en forme de piaule pour adolescent. Aujourd’hui, la route est goudronnée : diffusion non-stop, carte de presse numéro 78986, trois journaux d’information quotidiens, un rendez-vous pour enfants baptisé « Arc-en-ciel », un spécial jardinage, des « Music news », un « 100 % accordéon » et un « 100 % variétés », cinq départements couverts – Maine-et-Loire, Indre-et-Loire, Vienne, Deux-Sèvres, Sarthe –, deux salles de classe comme QG. Ce n’est pas le 116, avenue du Président-Kennedy 75016 Paris, mais ça roule.

De toute façon, hors de question de copier France Inter. « Ça existe déjà », répond Philippe Girard, qui ne plaisante même pas. Reste les interstices. RPS s’y glisse.

Tenez, prenons les infos, par exemple. La presse nationale fait du flux ? RPS choisit le recul : « Tout le monde parle de la grève. Moi, je commence par la rougeole au Congo. » La presse locale raconte ce qui s’est passé ? RPS présente ce qui va arriver. Et la politique ? S’en méfier : « Un jour, on a eu une interview de Jacques Chirac. Je ne l’ai pas passée. Pour respecter l’équilibre, il aurait fallu qu’on aille rencontrer un élu de gauche. Après, ça n’en finit plus. Et puis, vous êtes sûr que ça intéresse les gens ? »

3 000 radios associatives en 1980

Le dogme philippo-girardien est limpide, deux-points ouvrez les guillemets : « La radio est faite pour ceux qui l’écoutent. » Démonstration de l’auteur : « Je n’aime pas spécialement l’accordéon. A la maison, il n’y a aucun disque d’Yvette Horner. Eh bien, j’ai fait “100 % accordéon” parce que mes auditeurs aiment ça. Le rap, ce n’est pas ma génération. Ben, je passe du rap. Je pense aux jeunes. Je n’ai pas d’enfants mais il y a une émission pour les tout-petits. C’est même moi qui l’anime ! »

Illustration par Martine Thomas, 34 ans, mère de famille des environs de Mirebeau (Vienne) : « Une heure de chansons calmes, c’est formidable. Ça repose tout le monde avant l’heure du dîner. » Confirmation par Christian Mothais, 67 ans, négociant en matériaux de construction à Vernantes (Maine-et-Loire) : « Je ne rate jamais l’émission sur l’accordéon. Je l’adore. Elle est unique. » Validation par Jean, 17 ans, lycéen saumurois : « Le gars balance PNL et Lefa. C’est du lourd. »

Mais rien n’est simple. Il arrive même que tout se complique. Comme dans les albums dessinés de Sempé, dont Philippe Girard pourrait être l’un de ces petits personnages debout face au monde, « un point dans une image », mélancoliques sans le vouloir, fragiles sans le savoir. Et inversement.

A la fin des années 1980, on a compté jusqu’à 3 000 radios associatives. C’est l’explosion. Vive la liberté ! RPS embauche dix personnes, recrutées auprès de l’ANPE – parce que « c’est mieux de proposer du travail à ceux qui en cherchent » –, déploie trois émetteurs, finance 20 % de son budget par la publicité. Le travail ne manque pas.

A la fin des années 2000, on dénombrait 600 stations survivantes. C’est l’implosion. La loi du marché. A partir de 2005, Philippe Girard s’est retrouvé seul au poste. Le travail manquait encore moins, annonceurs et fonds publics avaient pratiquement disparu. « Depuis 1982, je n’ai jamais pris de vraies vacances. J’ai sacrifié ma vie privée », dit-il d’une voix nettement moins métallique.

Pêche aux gros sous

Le menuisier-ébéniste a rempoigné la varlope et les ciseaux pour réaliser tous les meubles nécessaires. Il s’est mis à la peinture, a tâté du plâtre et de la plomberie pour restaurer les lieux. A l’occasion, a-t-il piqué aussi à la machine pour ces rideaux de cretonne qui habillent les fenêtres magistrales ? Maintenance oblige, il a dû se faire électricien, puis électronicien, puis technicien numérique. Enfin, il a pratiqué l’alpinisme : « Un hiver, la neige a couché l’antenne de l’émetteur installée au sommet du château d’eau de Parçay. On ne recevait plus rien. J’ai dû y grimper en pleine nuit. Là-haut, il y avait pas mal de vent. Et ça glissait. »

Pourtant, la glisse, c’est son truc. Une fois par an, il encaustique personnellement les parquets de l’ancienne école où il ne se déplace jamais qu’en patins de feutre. Vous êtes invités à faire de même. « C’est obligé ? » « C’est mieux, oui », répond-il, assez convaincant. En file indienne, un binôme d’« échassiers bizarres » se déplace alors d’un pas allongé, silencieux, les mains dans le dos, comme « sur un grand lac, un lac gelé ». Du pur Julien Clerc période trémolos (Le Patineur, paroles d’Etienne Roda-Gil, sur l’album Liberté, Egalité, Fraternité… ou la Mort. EMI, 1972).

Ça va durer encore longtemps ? Deux ans et basta. Retraite en vue. Mais avant de plier les gaules, Philippe Girard repart à la pêche aux gros sous. En ce moment, il négocie avec les collectivités locales des subventions qui permettront de voir venir jusqu’en 2022.

Et il cherche un successeur. Serait-ce Guillaume Rabouan, 22 ans, actuellement préposé aux « Music news », de faction le week-end et régulièrement appelé en renfort sur l’accordéon ? Affirmatif. Reste à régler la question de l’encaustiquage annuel et à vérifier le rangement bien parallèle des quatre paires de patins disponibles. Puis il partira veiller sur les hortensias bleus d’une thébaïde bretonne où on l’attend depuis un petit moment. « Vers Saint-Malo. Du côté de Cancale », confie-t-il. Pas à Saint-Benoît-des-Ondes quand même ?

FEMME ACTUELLE SENIOR - Les Bonnes ondes de Philippe - mars 2020

COURRIER DE L'OUEST - Saumurois. À Parçay-les-Pins, la radio RPS FM en appelle aux dons - 3 juin 2020

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Fragilisée financièrement par la crise sanitaire, la radio associative n’a pourtant jamais cessé d’émettre. Son fondateur, Philippe Girard, n’entend pas couper le micro et en appelle à la générosité des auditeurs.

C’est une voix qui ne s’est jamais tue depuis 1982. Pas même ces derniers mois alors que frappait le Covid-19, assignant tout le monde à résidence. Fondateur de la radio associative RPS FM, basée rue de la Mairie à Parçay-les-Pins, Philippe Girard a mis un point d’honneur à rester en contact avec ses auditeurs par ondes interposées. Via Internet également, où l’audience de la radio a été décuplée quand plus personne ne pouvait sortir de chez soi.

RPS FM n’a, à aucun moment, cessé son travail d’information et a continué à distraire son auditoire pendant toute cette période de confinement. La grille a été perturbée, on a mis des rubriques en sommeil mais on en a aussi créé d’autres, comme les interviews d’artistes locaux proposées par Michel Boutreux, le dimanche matin, se félicite l’animateur, pourtant lucide sur le principe de réalité. On n’a jamais arrêté de travailler mais on n’a jamais arrêté de perdre de l’argent non plus. Des charges habituelles à honorer sans recettes qui rentrent, c’est une équation difficile à tenir dans la durée.

Privés d’animations extérieures

Notre modèle économique est basé sur le culturel, l’associatif et l’événementiel. Du jour au lendemain, il n’y avait plus rien alors qu’on n’avait rien demandé à personne. C’est devenu ingérable, analyse Philippe Girard. Au-delà des revenus liés aux annonceurs – plus de 400 clients associatifs dans un rayon de 100 km autour de Parçay-les-Pins -, la petite entreprise que forme RPS FM intervient depuis toujours sur le terrain pour sonoriser et animer les fêtes de village et autres rendez-vous publics et privés. Des comices agricoles aux mariages en passant par des brocantes ou des compétitions sportives…

De fait, depuis mars et jusqu’à l’automne, tous ces événements ont été annulés. Sur l’année, on va perdre 30 000 euros au bas mot. C’est d’habitude notre plus grosse source de recettes. Pour l’instant, on vit sur la trésorerie. Mais ça ne peut pas durer comme ça, se désole l’homme de radio.

« Vraiment pas besoin de ça »

Une situation d’autant plus préoccupante pour RPS FM qu’on risque de traîner ça comme un boulet pendant plusieurs années : le montant de la subvention qu’on touche via l’État est calculé au prorata du chiffre d’affaires de l’année précédente. Effet domino.

Alors Philippe Girard, qui devait passer le relais à Guillaume Rabouan en 2022, n’exclut pas de retarder son départ si nécessaire, histoire d’aider le jeune homme à remonter la pente. Cette crise sanitaire est tombée au plus mauvais moment : on avait déjà du mal à trouver les financements pour assurer la transition et la reprise de l’activité. On n’avait vraiment pas besoin de ça.

Celui qui a créé de toutes pièces RPS FM et fait en sorte qu’elle inonde trois départements s’est également résolu à lancer un appel aux dons. Il compte sur la générosité de ses auditeurs et de tous ceux qui voudront bien soutenir la radio locale et rurale pour l’aider à passer ce cap délicat.